Tu connais Facebook ?

Nous les geeks on est des habitués du téléchargement illégal. Evidemment Hadopi ne nous fait pas peur puisqu’on a tout compris.

Mais samedi après midi, après avoir téléchargé trois versions de « The Social Network » de mauvaise qualité, j’ai décidé d’emmener ma douce voir ce film de David Fincher au cinéma. Oui au cinéma ! Mais c’est pour la bonne cause : c’est LE film qui raconte l’incroyable aventure the Thefacebook.com. Après avoir fait la queue, payé 17€ mes deux places (la moitié d’un abonnement Internet triple play d’un mois quand même) nous voilà dans la salle. Nous allons ainsi visionner le film tiré du livre « The Accidental Billionaires » écrit par Ben Mezrich qui s’appuie sur les anecdotes et les documents fournis majoritairement par Eduardo Saverin pendant les poursuites judiciaires à l’encontre de Mark Zuckerberg.

The social Network

Je dois subir pendant les pubs les gérémiades de ma douce qui est persuadée que je l’emmène encore voir un film de geeks sans intérêt, à l’humour incompréhensible. Je la rassure tant bien que mal en lui expliquant que c’est tout public, que c’est l’histoire de Facebook, service (et je n’ai pas dit site, car elle l’utilise surtout via son Iphone, comme nous tous) sur lequel elle passe tant de temps tous les jours.  Bon, la salle est maintenant surchargée, il fait chaud, et le film va pouvoir commencer. Moi je me dis, que télécharger c’est quand même beaucoup mieux : je peux le voir dans la langue de mon choix, sur ma télé, tranquillement installé (échoué) sur mon canapé avec le frigo à portée de main. Bref. C’est parti pour 2h d’un film… captivant !

Pourquoi j’y suis allé…

Je me suis senti obligé d’aller voir ce film. Facebook est un de mes outils de travail et me fascine part l’ampleur de ce mouvement.  Je ne regrette pas ! Je connaissais une bonne partie de l’histoire de la création de Facebook et j’en ai découvert d’autres facettes en visionnant “The social network”, que ce soit sur l’histoire de fond, sur les créateurs de ce réseau social et l’énigmatique Mark Zuckerberg mais pas que !

Affiche du film the social network

Ce qui m’énerve : la manière dont les critiques présentent le film. Cela serait l’histoire de Mark qui crée Facebook pour se venger d’une fille (Erika) et des filles d’une manière générale. Certes. C’est peut être le cas, je ne le connais pas. Mais je ne trouve pas que ce soit ça qui ressorte de ce film.

Le synopsis officiel

Une soirée bien arrosée d’octobre 2003, Mark Zuckerberg, un étudiant qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, pirate le système informatique de l’Université de Harvard pour créer un site, une base de données de toutes les filles du campus. Il affiche côte à côte deux photos et demande à l’utilisateur de voter pour la plus canon. Il baptise le site Facemash (le DNS est en vente ! http://flippa.com/auctions/108465/site). Le succès est instantané : l’information se diffuse à la vitesse de l’éclair et le site devient viral, détruisant tout le système de Harvard et générant une controverse sur le campus à cause de sa misogynie. Mark est accusé d’avoir violé intentionnellement la sécurité, les droits de reproduction et le respect de la vie privée. C’est pourtant à ce moment qu’est né ce qui deviendra Facebook. Peu après, Mark crée thefacebook.com, qui se répand comme une trainée de poudre d’un écran à l’autre d’abord à Harvard, puis s’ouvre aux principales universités des États-Unis, de l’Ivy League à Silicon Valley, avant de gagner le monde entier… Cette invention révolutionnaire engendre des conflits passionnés. Quels ont été les faits exacts, qui peut réellement revendiquer la paternité du réseau social planétaire ? Ce qui s’est imposé comme l’une des idées phares du XXIe siècle va faire exploser l’amitié de ses pionniers et déclencher des affrontements aux enjeux colossaux…

Ce que j’ai vu moi

On est en 2003, à Harvard, et un jeune génie de l’informatique comble sa solitude dans la création d’un site Internet qui fait le buzz. Quelques péripéties plus tard, après avoir mangé du code, le plus grand réseau social du monde voit le jour. Mark Zuckerberg, devient alors le plus jeune milliardaire du monde, l’homme le plus détesté aussi. L’histoire se situe autour de la bataille juridique et des trahisons qui déchirent les anciens camarades d’Harvard qui ont créés le réseau social qui compte plus de 500 millions de membres aujourd’hui. Facebook, le destructeur d’amitiés.

Les à côtés

On en apprend beaucoup sur la personnalité de Mark Zuckerberg que le réalisateur nous présente un peu comme un autiste capable de tenir plusieurs conversations en même temps : cela rend la compréhension du film parfois compliquée, et on voit que même l’entourage de Mark est perdu face à ce génie capable de sauter d’une conversation à l’autre. Il est donc extrêmement brillant et surtout passionné par l’informatique. On y apprend qu’il n’était pas à son coup d’essai avec Facebook, et avait déjà été repéré auparavant par Windows et AOL pour la création d’un programme permettant de proposer de la musique en fonction de ses goûts musicaux. Il était donc déjà connu avant ses 19 ans.  Le fondateur de Facebook a alors du mal à s’adapter aux autres, il est incompris : cette attitude qui le conduit à être marginalisé mais aussi qui le mène sur le chemin d’un succès grâce à un son opportunisme : l’argent ne semble pas être ce qui l’intéresse puisqu’il a refusé l’offre de Windows, a toujours reporté la monétisation de Facebook (facile à dire quand on est à la tête de 25 milliards), il souhaite réellement créer LE réseau social mondial en s’appuyant sur les idées très en vogue à l’époque dans les campus américains : les years book sur Internet.

Ce qui m’a vraiment plu dans cette histoire vraie : l’absence de structure dans la création de Facebook. Seule l’idée suffit, contrairement à ce que l’on nous enseigne en école de commerce.  Sans business plan (il ne sait pas comment monétiser son site et ne souhaite pas le faire dans un premier temps), sans une étude de marché, une analyse approfondie du comportement du consommateur, Mark lance le site en se basant uniquement sur son ressenti, et celui de ces amis, sur ce qu’ils aimeraient avoir, à savoir un réseau pour « espionner » la vie de leurs camarades et en savoir plus sur la fille qui leur plait.  La clef du succès réside donc dans la création d’un service par un  » consomm’acteur « . Et pour cela, Mark n’a pas besoin de sommes astronomiques : Eduardo, l’ancien camarade de Mark investit 19 000 dollars (selon le film, 15 000 en vrai) avant que le  fondateur de Napster (Sean Parker) en qualité de Venture Capitalist les aide à lever des fonds. C’était l’âge d’or de l’Internet. Mais si cela était possible aux Etats Unis avec leur culture du risque, du self made man, le marché important, et l’absence de barrières (langues, cultures etc.) une telle réussite aurait surement eu du mal à voir le jour en Europe.

On voit aussi les premiers problèmes de e-réputation : Mark tient des propos très dur dans son blog en ligne à propos de son ex petite amie, et cela lui sera fatal vis-à-vis de la gente féminine et lors de son procès. Dès 2003, l’image sur Internet pouvait vous être fatale. Alors imaginez aujourd’hui !

Enfin il est interessant de voir l’importance des sororités sur les campus américains et les problèmes sociaux que cela génère. Chacun n’a pas une chance égale.

Pourquoi ce film plaît-il autant ?

C’est le film sur le réseau social mondial, sur le site qui a modifié les relations entre les étudiants, entre les collègues.  « Internet a permis à cette génération de se créer une identité spectaculaire et très différente de celle de la génération précédente », souligne le sociologue des médias Jean-Louis Missika. C’est une apologie à l’amitié éphémère et facile.

C’est le film qui parle d’un sujet qui effraie tout le monde : la propriété sur Internet.

C’est un film à la gloire d’un geek. Le film qui encense un antihéros qui pourrait être beaucoup d’entre nous : ce geek, incarné par un Jesse Eisenberg en claquettes de piscine qui prend sa revanche sur les « fils de », avec son pull GAP.

C’est le film de notre génération, nous la génération stagiaire.

Facebook migre de Harvard à un open space de la Silicon Valley, siège de toutes les boîtes web américaines en californie, où bossent des filles en minijupe et des skaters : le rêve de tous les geeks, de tous les ceux qui veulent bosser dans le web, dans la com’. On y voit des jeunes allier le fun et la réussite, faire beaucoup d’argent sur fond de « Creep » de Radiohead, le hit qui nous a tous fait pleurer dans les années 90. (oui moi aussi…)

Et Mark, il en pense quoi ?

Vous vous en doutez, Mark, il n’a pas trop apprécié que sa vie soit ainsi étalée, avec des faits qu’il conteste : Il l’a d’ailleurs expliqué lors d’un discours tenu à l’université de Standford en Californie :

“Le film entier est cadré sur cette fille avec qui je suis (mais qui n’existe pas dans la vie réelle)… qui se moque de moi … ce qui est arrivé, dans la vraie vie, de nombreuses fois. Et pour faire court, le film explique que la seule raison qui m’a poussé à créer Facebook était de pouvoir avoir des filles, et de pouvoir rentrer dans des clubs. Ils (Fincher et ses assistants) n’ont pas été en mesure de penser que quelqu’un peut aussi créer quelque chose, car c’est ce qu’il aime faire.”

Il a par contre été épaté par les détails : mêmes habits, certaines scènes etc.

Des supers anecdotes :

–          C’est le créateur de Napster, Sean Parker qui a indiqué à Mark de supprimer le « the » de « thefacebook.com ». D’ailleurs, la redirection fonctionne toujours !

–          Comment est apparue l’option « in a relationship »

–          Le rôle de Sean Parker, le créateur de Napster

Je vous laisse découvrir les autres !

Pour conclure

Ma douce a trouvé le film trop bavard, des scènes trop longues, et surtout trop de termes techniques. Moi j’ai trouvé justement qu’on ne parlait pas du tout des aspects techniques (si ce n’est un ou de point de codage abordés au détour d’une phrase). Certes, le film est très bavard, mais vu le sujet choisi, il ne pouvait pas y avoir des explosions dans tous les coins, bien que David Fincher soit à la réalisation ! Les mots tombent justes, et sont important. Chaque mot, chaque phrase a son rôle à jouer. C’est un film qui va au delà des images, qui pose des questions justes sur l’amitié, le droit de propriété, la réussite.
Le casting, très beau (avec Justin Timberlake, Jesse Eisenberg qui joue Mark Zuckerberg d’une façon admirable, Andrew Garfield) dessert le film à merveille. Bien que le sujet soit le réseau social, c’est bien l’homme et plus particulièrement un adolescent isolé qui est au centre de tout.
Un film à voir. De toute urgence.

Bonne semaine les facebookiens !

@davschuster pour @nouslesgeeks

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