Le futur des applications [JEU-CONCOURS]

Ce billet fait suite à la demande d’Intel qui organise un jeu-concours sur le thème du futur des applications multiplateformes, dans le cadre de sa participation à LeWeb’10 : http://www.leweb.net/partners/2010/sponsors. Qui sait, peut-être me verra-t-on également là-bas. 😛

Pour nous les geeks,  l’informatique est bien plus large que Windows, que ce que Mr. tout le monde connait et utilise. L’informatique « classique » comporte en effet différents systèmes d’exploitation : Windows, Unix (Mac OS, Linux, BSD …) ainsi que d’autres plateformes minoritaires. Windows étant en situation de monopole depuis plus de 15 ans, le développement d’applications pour ordinateurs s’est grosso modo limité à développer pour cette plateforme. Fort heureusement, tout cela est en train de changer.


Tout d’abord, la guerre des OS sur ordinateurs est relancée.

La fin du monopole de Microsoft

D’un coté, la mode Apple a relancé Mac OS, qui n’était pas vraiment populaire suite à l’éclatement de la bulle de 2000. L’éco-système créé avec l’iPod et l’iPhone permet à Apple de prendre de l’avance.

D’un autre coté, Windows n’est plus adapté à l’évolution du hardware et place Microsoft en mauvaise position : les netbooks, dont le succès se confirme, ont un écran trop petit pour Windows. Et les processeurs ARM, non supportés par Windows, envahissent le marché. On voit donc des OS légers, très adaptés, apparaître : demain, les Meego, Jolicloud, et autres Chrome OS équiperont nos PC.

Et puis, il y a la mobilité. Tout le monde en parle mais on n’enfonce jamais assez le clou : la mobilité c’est aujourd’hui.
Le nombre d’internautes qui se connectent via les terminaux mobiles est incroyablement sous-estimé par le commun des mortels. Ainsi, dès 2012, le nombre d’internautes connectés via smartphones sera plus important que ceux connectés via leur PC. Développer aujourd’hui seulement un site desktop, c’est se couper d’un potentiel de 50% du marché de demain.

Sur la mobilité, Microsoft est plutôt très en retard. Au niveau technologique, tout d’abord. Microsoft a essayé pendant 6 générations de son système d’exploitation Windows Mobile d’adapter Windows au mobile, et cela sans repenser l’ergonomie (un menu « démarrer » sur un téléphone ?!), ni les applications (office sur téléphone mobile, WTF ?), et encore moins tout l’éco-système qui gravite autour.

Le résultat, c’est pour le géant du desktop une part de marché ridicule sur ce secteur hyper stratégique : moins de 3% des mobiles vendus sont équipés de Windows Mobile !
Apple a eu les mains libres pour imposer son App store, et Google en profite maintenant pour proposer Androïd sur une gamme très large de téléphones. La guerre des OS mobiles ne fait que commencer …

 

Windows Phone 7, réécrit from scratch, relancera-t-il Windows sur les mobiles ?

 

D’un autre coté,  de nouveaux terminaux émergent. La mobilité a pour l’instant bien favorisé les netbooks et les téléphones, deux appareils qui existaient déjà depuis longtemps. Tout laisse à penser que de nouveaux appareils se doteront très rapidement d’OS complexes.

Je pense bien entendu aux OS embarqués. En tout premier lieu, la voiture, qui s’est déjà dotée d’un ordinateur centralisé et de fonctions de communication avancées (GPS, GSM, 3G …). Il ne manque plus qu’un OS efficace pour piloter le tout. Une place toute taillée pour les OS à base Linux, très personnalisables et donc facile à s’approprier par les constructeurs. Meego propose notamment une variante spécialisée pour véhicules.
Les télévisions seront également demain l’objet de toutes les convoitises pour les OS. Apple TV ayant fait un flop, on attend beaucoup de Google TV, déjà commercialisé par certains constructeurs.
À plus long terme il y a également l’Internet des objets. À quand nos micro-ondes et nos lave-vaisselle équipés d’un véritable OS ? Une baisse importante du prix des éléments électroniques permettra peut-être de franchir cette étape … J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet passionnant dans un prochain post.

Enfin, la dernière révolution qui va casser le monopole de Microsoft est le fameux Cloud computing. En permettant de s’affranchir de l’OS en tant que plateforme d’application, le Cloud impose un nouveau paradigme à toute l’industrie informatique. Elle minimise également l’importance du choix de l’OS pour les utilisateurs, dans la mesure où leur application est dans les nuages, in the cloud.
Ainsi saute le blocage classique d’une migration depuis Windows, à savoir l’application métier uniquement compatible Windows 2000.

L’ère qui s’annonce est donc marquée par :

  1. Une concurrence relancée sur le marché des OS desktop
  2. Une utilisation mobile intense
  3. Une concurrence féroce sur les OS mobiles, présents sur de nouveaux terminaux
  4. L’omniprésence du cloud computing.

Devant ces constats, les applications vont devoir se réinventer.

De nouvelles applications pour l’ère post-Microsoft

Comment développer et distribuer des applications dans ce contexte ?

La première réponse nous vient d’Apple et de son iPhone. Les applications iPhone révolutionnent le marché par au moins deux aspects : tout d’abord, elles sont distribuées via un app store. Ce magasin permet de disposer d’applications téléchargées depuis un unique lieu centralisé et mises à jour en push, sans que le terminal en fasse la demande. Rien de révolutionnaire à cela, rétorquerez vous : les sources permettant de mettre à jour des paquets existent depuis de nombreuses années sous Linux.
Peut-être, mais cela omet le deuxième aspect : ce sont des applications mobiles. Là aussi, me direz-vous, rien de nouveau : les téléphones permettent l’exécution d’applications depuis longtemps. Qui ne se souvient pas d’une partie de Snake2, déjà, à l’époque, avec nos vieux Nokia 3210 ? Oui, mais le fait est que la mayonnaise a pris, les applications sont nombreuses. Et de qualité.
L’iPhone révolutionne donc les applications en combinant centralisation des applications et qualité/quantité d’applications disponibles.

C’est un premier pas pour s’émanciper du monopole de Windows, mais ces applications ne sont disponibles que sur des terminaux Apple, sous le contrôle peu permissif d’Apple. L’iPhone n’apporte donc qu’une partie de la réponse.

Chacun, depuis, met en place son magasin d’applications pour sa plateforme propre : l’Androïd Market de Google, l’Ovi store de Nokia, le Marketplace de Microsoft … Microsoft qui aimerait également faire jouer les synergies en rendant ses applications mobiles disponibles sur ses consoles de jeux Xbox 360. Des stores dans la téléphonie, des stores dans le monde du jeux, des stores dans les OS de bureau, des stores partout !

 

L’installation d’applications nécessite la création d’un compte pour l’Ovi store de Nokia

 

On arrive en ce moment à un cloisonnement des applications, phénomène préjudiciable autant pour les développeurs, qui doivent développer plusieurs fois la même application pour plusieurs plateformes, que pour les utilisateurs, liés à des OS et des marketplaces précis.

Des applications multiplateformes, évidemment

Ce problème de cloisonnement n’est pas une problématique nouvelle. La plateforme Java permet par exemple l’exécution d’applications indépendamment du hardware ou du système d’exploitation. Revers de la médaille, le framework Java doit être installé sur chaque terminal.
Java a eu son heure de gloire sur téléphone portable, mais les stores l’ont définitivement démodé.

Une plateforme plus universelle, LA plateforme universelle, reste bien entendu Internet. Les standards web notamment, interprétés de la même manière indépendamment du navigateur (depuis le succès de Firefox \°/ ) permettent un rendu exact. Néanmoins, une page web n’est pas aussi puissante qu’une application native. Le javascript, qui permet l’élaboration d’applications complexes, reste limité.

Les applications riches essayent quand à elles de tirer parti du meilleur des deux mondes : l’universalité d’Internet et la puissance des applications natives. Ces Riches Internet Applications ou RIA s’exécutent dans une machine virtuelle. Sur ce terrain s’affrontent essentiellement Adobe AIR et Microsoft Silverlight. Mais là encore, les technologies utilisées sont brevetées et propriétaires. Adobe et Microsoft veulent garder le contrôle.

Il n’y a donc pas de solution miracle pour développer des applications multiplateformes. Chacun va mettre en place ses solutions techniques (et idéologiques sous-tendues), comme d’habitude.

Le retour de la contre-attaque des standards

L’universalité des standards est un point clé, on l’a vu, pour l’élaboration des applications multiplateformes. Cela semble maintenant acquis auprès des tous les acteurs du secteur. Les standards web, et notamment le HTML5, sont maintenant poussés par tous les acteurs du secteur.
Même les acteurs frileux ces dernières années s’y sont mis. Apple se sert d’HTML5 dans son bras de fer contre le flash d’Adobe. Adobe veut maintenant être le meneur des développeurs HTML5. Chrome OS, le futur OS très orienté Cloud de Google, sera porté par les standards web. Microsoft lui même en acte l’importance en recentrant ses développements sur HTML5, sans toutefois abandonner Silverlight.

Une adoption aussi massive des standards signifie une maturité du Web, qui cherche à trouver des appuis communs pour avancer. Ainsi, au delà de ces standards qui seront la base des applications quels que soit les acteurs, on peut différencier deux démarches :

  • Imposer ses technologies en en faisant un standard de fait : la fameuse technique Embrace, extend and extinguish de Microsoft.
  • Collaborer et créer des standards communs, l’approche Logiciel Libre par excellence.

On ne peut bien entendu jamais être certain de l’efficacité d’une méthode plutôt qu’une autre. Néanmoins ces dernières années ont vu la seconde approche prendre plus d’importance qu’auparavant : les standards prennent de l’importance, l’interopérabilité est maintenant un sujet important, dont les politiciens s’emparent d’ailleurs.

J’espère avoir bien montré le cheminement pris par le développement d’applications dans ce billet, et vous avoir inspiré des pistes de réflexion quand à leur évolution future.
Si le monde post-Microsoft est assurément bien entamé, la question du développement d’applications n’est pas réglée, bien au contraire beaucoup de questions apparaissent. J’attends avec impatience vos retours sur ces questions et ferai sans aucun doute d’autres billets autour du sujet.

2 réflexions sur « Le futur des applications [JEU-CONCOURS] »

  1. Très intéressant? mais peut on imaginer quels seront demain les liens avec la domotique?
    En effet le pilotage à distance de tous les appareils qui nous envahissent la vie sera indispensable pour les maîtriser. Nous n’aurons pas d’autte alternative que de disposer d’une tableau de bord efficace.

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