Quand Kirkpatrick nous parle de la « Révolution Facebook »

Nous les geeks, on ne passe pas toute notre vie derrière nos écrans d’ordinateurs… Non, parfois (et même souvent dans mon cas), on dévore des bouquins passionnants. Et quand certains parlent du web, on prend même le temps de vous en parler !

Aujourd’hui, je vais donc vous livrer ma « critique » du livre signé David Kirkpatrick sur Facebook.

L’auteur a publié cette année « La Révolution Facebook » (titre original : The Facebook Effect), après avoir passé de nombreuses années à suivre cette entreprise et ces protagonistes de près. Sa crédibilité n’est pas à remettre en cause, étant donné sa longue expérience au magazine Fortune et la multiplicité de ses sources, ce qui donne d’autant plus d’intérêt au livre.

Le livre s’accompagne d’ailleurs d’une page Facebook dédiée qui comporte à la fois des interviews de Kirkpatrick et de Zuckerberg himself , des informations sur les livechats et autres débats avec  l’auteur et, surtout, qui fournit des chiffres récents sur l’actu du géant du web. Un bon complément du livre, donc !

Une coopération sans faille de la part de Facebook

Bien qu’on le sente tout au long du livre, Kirkpatrick souligne dans les dernières pages la totale coopération de l’équipe Facebook, de son fondateur et de ses principaux investisseurs pour la réalisation de ce bouquin. C’est d’ailleurs sans doute ce qui donne autant de crédibilité au récit. L’éditeur l’a d’ailleurs bien compris en imposant dès la couverture un macaron cinglant : « Ce que The Social Network ne vous a pas raconté ». Sur ce point d’ailleurs, si effectivement on voit quelques différences entre le livre et ce qui est raconté dans le film, mais on y trouve aussi beaucoup de similitudes. Au travers de ce livre, Kirkpatrick donne donc une certaine crédibilité au film de David Fincher.

Mais revenons-en à nos moutons : l’auteur a donc pu échanger à de nombreuses reprises avec Zuckerberg et ses acolytes tels que Dustin Moscovitz, Adam D’Angelo ou encore Matt Cohler. Il a également pu multiplier les rencontres avec les principaux investisseurs de Facebook, parmi lesquels Jim Breyer (Accel) et Steve Ballmer (PDG de Microsoft, faut-il le préciser ?). Il souligne ainsi que sans la collaboration et le soutien de tous ces individus, le livre n’aurait certainement pas vu le jour.

Un récit au passé, au présent et au futur

Mais alors ce livre, de quoi parle-t-il concrètement ? Eh bien, assez simplement, de l’histoire de Facebook depuis les débuts dans une chambre de la Kirkland House (l’une des résidences étudiantes d’Harvard) jusqu’à ses dernières nouveautés, en passant par la valorisation exceptionnelle permise par les investissements notamment de Microsoft. Si le récit est chronologique, l’auteur a néanmoins mis un point d’honneur à organiser son livre selon divers chapitres relatifs à une problématique ou un évènement particulier de l’histoire de Facebook.

Au-delà de l’histoire de Facebook, c’est l’histoire d’un web qui bouge que Kirkpatrick nous relate. L’auteur rappelle ainsi qu’en parallèle du développement du réseau social aux 750+ millions de membres, ce sont des géants comme Google et de plus petits, mais non moins importants acteurs du web tels que Twitter qui se sont développés également.

Et la « révolution » dans tout ça ?

Si l’éditeur a choisi de traduire « The Facebook Effect » en « La Révolution Facebook », ce n’est sans doute pas par hasard. Alors, au-delà de l’aspect révolutionnaire qui se traduit par un changement de l’environnement web que nous connaissions jusque là, il y a aussi ce côté plus littéraire : Kirkpatrick débute ainsi son ouvrage par relater l’affaire de Un millón de voces contra las FARC. Pour ceux d’entre vous qui ne connaisse que peu cette histoire, elle constitue sans doute l’un des meilleurs exemples du pouvoir de l’effet Facebook.

Ce mouvement à l’initiative d’Oscar Morales a pour but de manifester la colère des colombiens (mais pas seulement) à l’égard des FARC et de lutter contre ce groupuscule. Alors que l’expression publique de son mécontentement était jusqu’alors très peu répandu en Colombie (en raison notamment des risques encourus), Oscar Morales a choisi Facebook pour réunir les personnes qui, comme lui, voulaient que cela cesse. Dans cette histoire, c’est autant la vitesse de propagation du mouvement que son impact dans la vie « réelle » qui marque les esprits.

En lisant ce prologue, j’ai personnellement su que ce bouquin ne serait pas simplement un blabla relatant l’histoire et les succès de Facebook. Derrière ce livre, il y a selon moi l’envie d’un homme (en l’occurrence David Kirkpatrick) de comprendre comment et pourquoi un autre (Mark Zuckerberg) voulait « changer le monde ». Une question prépondérante qui nous accompagne tout au long du livre et lui donne une certaine profondeur.

Il y aurait bien entendu beaucoup plus à dire sur ce livre de 477 pages très bien documenté (et que l’on lit donc avec délectation), mais pour vraiment vous faire une opinion, je ne peux que vous conseiller de le lire,  voire de le relire (comme je le ferais certainement d’ici quelques années, quand Facebook ne sera peut-être plus ce qu’on en connait aujourd’hui).

Une réflexion sur « Quand Kirkpatrick nous parle de la « Révolution Facebook » »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *