Google et Bing : quand les géants de la recherche sur Internet se tapent dessus

Nous les geeks, on aime beaucoup les guerres entre géants du web. Alors, forcément, quand la semaine dernière on a lu que Bing semblait copier les résultats de Google, on s’est frottés les mains ! Et nous avons eu raison : il semblerait que la gue-guerre entre Google et Microsoft sur le terrain des moteurs de recherches soit une nouvelle fois relancée ! Après la guerre du nombre de critères pris en compte par chacun des moteurs de recherches, voila l’histoire des résultats copiés !

Rappel des faits : Google soupçonne (accuse) Bing

Mardi 1er Février, Danny Sullivan (Search Engine Land) lance un pavé dans la marre : Google aurait réussit à prouver que Bing copie ses résultats de requêtes. La preuve ? La copie d’écran ci-dessous :

Ou encore celle-ci :

En gros, les ingénieurs Google ont choisi une centaine de « mots-clés » qui avaient peu de chance de pointer vers des sites spécifiques (je connais assez peu de personnes qui optimiseraient leurs sites pour être premier sur la requête « hiybbprqag »), et les ont testé sur Google, puis sur Bing. Pour ce faire, les ingénieurs de Google ont modifié temporairement l’algorythme afin qu’ils puissent modifier le ranking d’une page manuellement. Le petit schéma ci-dessous résume assez bien ce qu’ont donné ces tests :

Etant donné les résultats obtenus, Google a conclu que Bing s’inspirait des résultats du Numéro 1 de la recherche sur Internet (68% des parts de marché aux USA en Janvier, pour rappel) pour consistuer ses propres résultats (notons que les tests ont été effectué durant le mois de Décembre 2010, les résultats ont donc pu évoluer depuis).

Si la copie des résultats (ou le fait de s’en inspirer) n’est pas illégale en soi, Google reprochait alors à Bing de ne pas jouer le jeu de la concurrence.

“C’est de la tricherie. Je ne sais pas comment dire cela autrement : c’est purement et simplement de la tricherie. Une autre comparaison : c’est comme s’il s’agissait d’un marathon et que nous portions sur nos épaules un concurrent qui sauterait à l’approche de la ligne d’arrivée« , Amit Singhal

Quand Bing se réveille et nie la copie

Bien entendu, la firme de Redmond n’allait pas laisser passer ça ! Avec une augmentation des parts de marché de Décembre 2010 à Janvier 2011 de près de 6%, Microsoft compte bien prouver qu’il n’a pas besoin de Google pour compter dans le monde des moteurs de recherches !

Yusuf Mehdi s’est donc exprimé au sujet de cette affaire au travers du blog officiel de Bing, accusant Google d’avoir « tendu un piège pour tromper Bing » et « manipulé les résultats de recherche de Bing grâce à un type d’attaque connu : « la fraude aux clics »« . Des accusations plutôt fortes, mais « crédibilisées » par le rappel du fait que Bing utilise (entres autres) le clickstream de ses utilisateurs pour déterminer la pertinence d’un site. Et Yusuf Mehdi d’assener un dernier coup à Google en rappelant que celui-ci avait « copié » certaines inovations de Bing (notamment au niveau de la recherche d’images).

Et Google reprend la main !

Ce serait mal connaître les géants du web que de penser qu’ils s’en seraient tenus à cela ! Une fois au courant du déni de Bing (soit environ 2h45 après la publication du billet de Yusuf Mehdi), Google est revenu à la charge en expliquant les raisons pour lesquelles les ingénieurs de Moutain View ont lancé l’idée des tests de mots-clés. Et cela remonte à l’été 2010 et au mot-clé « torsorophy » (mauvaise orthographe pour « tarsorrhaphy »), Google proposant aux utilisateurs de modifier leur recherche pour la bonne orthographe et Bing ne proposant aucun résultat pour la mauvaise orthographe. Etrangement, quelques temps après cette observation, Bing a commencé à indiquer à ses utilisateurs les résultats de recherche proposés par Google pour la mauvaise orthographe.

Plutôt étrange, non ?

Histoire de conclure son intervention en relançant la polémique, Amit Singhal insiste sur le fait que Bing utiliserait IE8 et sa Bing Toolbar pour récupérer des informations sur ce que les utilisateurs recherchent sur Google et ainsi répercuter ces informations sur ses propres résultats de recherches, une hypothèse soutenue également par Matt Cutts himself.

En … conclusion ?

Tentons de conclure sur cette affaire, même si l’on peut d’ores et déjà penser qu’elle n’a pas tout à fait fini de faire parler d’elle. Plus qu’un problème de concurrence ou d’illégalité, c’est surtout un problème de crédibilité pour Bing selon moi. Si, comme ils le disent, Bing utilise près de 1000 critères pour déterminer la pertinence d’un site par rapport à une requête, les résultats de Google devraient donc ne compter que pour 1/1000ème de cet algorythme (autant dire, peanuts). Comme le souligne Matt Cutts, dans ce cas Bing devrait plutôt retirer ce critère de la longue liste plutôt que de perdre la face devant de telles accusations !

 

« Si le clickstream sur Google compte vraiment pour seulement 1/1000e (ou une autre fraction négligeable) de la pertinence des résultats de Microsoft, pourquoi ne pas simplement cesser d’utiliser ces clics et ainsi réduire l’impact négatif (en terme d’image) de leur utilisation? Et si Microsoft n’est pas disposé à arrêter l’utilisation des clickstream de Google dans les classements de Bing, cela ne veut-il pas dire que les clics de Google compte beaucoup plus que pour 1/1000e de ce classement Bing? »
Et juste pour la plaisir, voici ce qu’en pense Stephen Colbert :

 

3 réflexions sur « Google et Bing : quand les géants de la recherche sur Internet se tapent dessus »

    1. « Une querelle de cour de récréation », c’est aussi ce qu’en pense les gars de chez Generation Nouvelles Technologies (http://www.generation-nt.com/google-bing-copie-actualite-1152631.html).

      J’en pense un peu la même chose : une bagarre entre deux géants qui n’a pas vraiment d’impact puisque, de toutes façons, Google n’a aucun recours légal ! Le seul point intéressant d’un point de vue global, c’est que ça rappelle que Google doit faire (et fait) attention à Bing, qui devient de plus en plus gros (environ 27% de PdM de mémoire). Reste à voir si c’est légitime, car concrètement si on se bouge sur un autre moteur que Google, ce n’est pas pour avoir exactement les mêmes résultats 😉

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