L’interview qui t’en met plein la view #4 : Solange, rédactrice du blog Rose Orage.

Non, Nous les geeks on ne vous abandonne pas : on a juste tous beaucoup de projets en tête et donc forcément un peu moins de temps pour vous proposez des billets de foliiiiie comme on en a l’habitude !

Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui je vous propose de découvrir notre 4e « Interview qui t’en mets plein la view » (au fait si vous vous demandez, c’est Mouss qui a eu l’idée du titre hein…je décline toute responsabilité sur cette rime). Aujourd’hui, à l’honneur :  Solange Derrey, rédactrice pour le blog Rose Orage (que j’aime beaucoup, il va sans dire) et accessoirement chargée d’étude junior chez Heaven (une agence que j’aime beaucoup aussi, là il fallait que je le dise). Vous voulez en savoir plus sur ce que cette demoiselle de 20 ans fait sur le web ? Allons y …

NLG : Peux-tu nous décrire ton parcours rapidement (études, stages éventuellement, postes occupés) ?


SD : Alors mon parcours .. déjà je suis sortie du lycée avec un bac L en poche, ensuite  j’ai fait un BTS communication des entreprises et je viens de valider ma 3e année à l’ISCOM, une section qui s’appelle « CHEPAM » mais qui veut pas dire grand chose : « Chef de Publicité Agence Média »,… grossomodo c’est la section  qui forme aux métiers d’agence. Je continue donc ma 4e année à l’ISCOM en spécialisation numérique & nouvelles techno.

Donc mon parcours est assez typique :  BTS Com, Ecole de com, mais à présent parlons stages, car pour moi ça représente la chose la plus formatrice dans les études de communication et détermine votre avenir professionnel. J’ai fait mon tout premier stage de ma vie en imprimerie, oui ça a duré une semaine et c’était une super expérience, non je blague… parlons plutôt de mon deuxième stage : chez Augural, à Nantes, agence de marketing services, j’étais chef de production mais pour tout vous dire ça ne m’a pas passionné. Devis, appels clients, appels fournisseurs, recherche de prestataires, gestion de petits projets… seuls les benchmarks me plaisaient.

Et puis ensuite j’ai effectué un stage chez Hémisphère à Paris, en tant que planneur stratégique, et là, même si je n’avais pas énormément de charge de travail, j’ai adoré ce sur quoi j’ai travaillé. Donc on continue avec mon 3e stage, chez Affinity (Groupe Makheia), en tant que planneur stratégique toujours, là j’ai eu une super expérience : super maitre de stage, j’ai touché à toutes les fonctions du métier, et j’ai surtout découvert ma passion pour les réseaux sociaux et internet. A présent je suis chez Heaven, en tant que chargée d’études, une agence web, un travail qui me passionne, bref encore un super stage.

NLG : Comment vois-tu l’évolution des métiers du web (et notamment du webmarketing) dans les 5 années à venir ? Et plus loin ?

SD : Dans les 5 années à venir voire plus, le web occupera une place de plus en plus importante dans la communication, les internautes seront encore plus connectés, les entreprises auront compris l’importance de ce media et l’intégreront dans leur stratégie de communication.  Je ne sais pas où en seront tous les outils de marketing online, mais pour moi le web est un des domaines qui fait preuve d’énormément d’innovation à une vitesse grand V. Donc d’autres opportunités de communiquer de façon innovante se présenteront à nous.

De ce fait, les métiers du web évolueront aussi, le métier de community manager va devenir incontournable et connaitra un fort développement. Les métiers de planneur stratégique, chargée d’études, devraient devenir des postes clés étant donné la nécessité grandissante de cibler au mieux, de mesurer l’impact des messages,  d’avoir une longueur d’avance sur les tendances, de comprendre sa cible etc. Et bien évidemment, les effectifs de chefs de projet web devraient augmenter.

NLG : Et si tu nous parlais de ta relation au web ? Ça s’est imposé à toi naturellement coté pro ?

SD : J’ai eu mon ordi à moi toute seule qu’en 1e année de BTS, avant je suis passée par le minitel connecté à internet, où j’écrivais seulement des mails car la connexion était telle que j’avais le temps d’aller lire un livre entier avant que la page d’un site ne charge. Et puis ensuite on a eu l’ordinateur commun, et là c’était un peu la guerre, il fallait se battre pour y avoir accès, et mon utilisation correspondait à MSN et les blogs.

Ensuite sur mon propre ordi, j’utilisais Internet par loisir, Facebook,  séries, musique puis j’ai commencé à découvrir le web en tant qu’outil de travail : recherche d’informations continue, lecture d’articles, Twitter, la folie du tweet et du partage de liens, je secouais le web dans tous les sens pour trouver l’information qu’il me fallait, je grattais l’info jusqu’à trouver sa source, découverte des outils de veille, addiction à l’internet mobile, connectée partout tout le temps, création de mon blog, restée éveillée tard le soir pour lire des articles, rédiger des articles, lire des tutoriaux pour apprendre à coder un peu…  bref ma relation au web, c’est un peu l’addiction qui est arrivée d’un coup, il y’a à peine deux ans

NLG : Y’a-t-il eu des rencontres qui ont fait que … ?

SD : Ma maître de stage chez Affinity, qui m’a boostée pour que je nourrisse mon compte Twitter qui plafonnait à 3 tweets depuis sa création, qui a changé ma vision des réseaux sociaux, qui m’a donné goût à l’analyse comportementale des internautes, l’analyse des verbatims, la gestion de la e-réputation, bref qui m’a transmis sa passion J

NLG : Comment définirais-tu ton boulot ? Est-ce que tu peux nous décrire une « journée type » ?

SD : Heu… comme je suis encore en études et que ma super vie d’étudiante ne passionne personne… si ?! – ok donc je me lève, ensuite je me douche, ensuite je prends un thé…-

Bon, ok je vais plutôt décrire une journée type de planneur strat/chargée d’études : ça fait de la veille, ça s’informe sur tout plein de choses, ensuite ça peut soit faire une étude avec pleins de statistiques pour appuyer une recommandation stratégique, ou alors faire un benchmark pour espionner les méchants concurrents, ou bien faire un audit de réputation sur une marque, pour savoir ce qu’en pensent les internautes, et quand ça travaille avec le pôle créa, ça peut réfléchir au concept créatif en analysant les cibles, les différentes tendances actuelles. Et puis ça fait des brainstorming, des plan’s board, des présentations clients, des pauses café, des horaires nocturnes parfois…

NLG : Tu es forcément présente sur des réseaux sociaux… Est-ce qu’il y en a un moins connu que les autres que tu vois bien pointer le bout de son nez dans les mois à venir ?

SD : Je pense que les réseaux de géolocalisation vont forcément pointer le bout de leur nez, comme tu dis, mais ceux qui ont une utilité surtout. Car on voit déjà apparaître un rejet de Foursquare, à base de « on s’en fout de savoir où vous êtes » ou de « je vois pas l’intérêt de ce truc » car l’application n’est pas encore bien utilisée par les marques en France. N’oublions jamais que les promos et les cadeaux sont les choses préférées des Français !

Donc ceux qui perceront seront ceux qui apportent un service en plus à son utilisateur et qui se démarqueront parmi leurs concurrents.  J’aime bien par exemple le concept de FoodSpoting ou bien des applications ludiques comme SCVNGR (super nom au passage) dont le noyau est le moteur de jeu.

NLG : Penses-tu que Twitter suivra la même pente que Facebook, à savoir se démocratiser tant et si bien qu’il en perdrait son essence (facebook étant devenu pour beaucoup plus un endroit où faire joujou en attendant que le temps passe et réaliser deux-trois tests pour découvrir où se cache le prince charmant) ?

SD : Comme tu le dis si bien, Facebook est devenu un passe-temps, on est pollués par le flot d’applications en tout genre, noyés sous les photos, groupes sans intérêts,  captivés (ou pas) par la vie des autres… Mais Twitter est très différent, limité à 140 caractères, avec un certain « code de conduite » : citer ses sources, tweeter, retweeter, ne pas tweeter n’importe quoi, ne pas être à la ramasse…

Pour moi, Twitter n’est pas fait pour raconter sa vie, c’est là pour partager l’information  et discuter de certains sujets. Après je ne sais pas si il y a beaucoup de personnes qui l’utilisent plus comme un réseau personnel que professionnel (je n’en follow pas) et si cette pratique se développe mais en tout cas, il n’y a pas de gadgets à la Facebook sur Twitter donc moins de risques qu’il perde sa fonction de relais d’information.

NLG : Le réseautage social, d’après toi, c’est vraiment indispensable pour une entreprise ? Pour toutes les entreprises ?

SD : C’est indispensable mais pas pour tout le monde. La présence sur les réseaux sociaux, ça se médite, il faut pouvoir y retrouver sa cible, avoir un intérêt à y être et apporter des services en plus aux consommateurs. Il faut y être actif, interagir avec les autres, fournir de l’exclusivité, faire participer ses clients etc.

De façon globale, je pense que c’est à la fois un moyen pour les entreprises de surveiller leur e-réputation, d’essayer de la contrôler en diffusant l’information et d’être proche de ses consommateurs.  C’est aussi un terrain d’expression donc d’analyse très intéressant : il permet de comprendre les comportements des utilisateurs, de savoir ce qu’ils pensent, ressentent, aiment, détestent…

NLG : La psychose autour du manque de confidentialité (Google, Facebook, …) et de l’insécurité coté vie privée, ça te fait quoi ? Des conseils en terme de « e-reputation » ?

SD : Je suis d’accord que le problème  méritait d’être exposé aux yeux de tous, mais de là à en faire toute une histoire ! A partir du moment où vous vous connectez à Internet vous êtes exposés à toutes sortes de risques, alors les réseaux sociaux n’en sont que la continuité.

Au lieu de psychoter, il faut agir : être prudent, ne pas adhérer à n’importe quel groupe, ne pas poster une photo compromettante (on le sait tous, Facebook se crée son petit album photo avec, même effacée, la photo est archivée), ne pas dire ou faire n’importe quoi, comme dans la vie réelle, au final !

Qui dit réseaux sociaux dit partage, communauté, réseautage, donc vous n’êtes pas tout seul, c’est tout. Gérez vos listes d’amis, ne montrez pas vos photos de soirées à votre boss, gérez les paramètres de confidentialités, tout ça tout ça. Ensuite pour ce qui est du partage de vos infos avec les entreprises, ce n’est pas nouveau non plus, à presque chaque inscription à des sites, jeu concours, newletters vos coordonnées étaient transmises !

NLG : Sortons un peu des sentiers battus (iPad, iPhone 4, Twitter qui mange tout, …) qu’est-ce qui, dans l’actualité web, t’as marqué récemment ?

SD : Beaucoup mais alors beaucoup de choses m’ont marquées récemment 😉 Mais je dirais : le buzz autour d’Inception. Toutes les fins possibles qui ont été imaginées, les avis divergents, tout cet enthousiasme pour le film qui a eu lieu sur la Toile.

NLG : Question subsidiaire : de Google ou d’Apple, de qui aura-t-on le plus parler en 2010 (et sur qui aura-t-on le plus polémiquer) ?

SD : Qui le plus ? je ne sais pas. En tout cas l’antenna gate d’Apple aura marqué les esprits et changé la donne sur la réputation de la firme à la pomme, on n’est pas prêts d’oublier tout ce tapage autour de cette petite faille ! Et aussi, le soit disant un-salarié-a-oublié-le-prototype-de-l’iphone-4-sur-la-table-d’un-bar, l’inculpation du salarié d’Apple qui dévoile des secrets industriels..

 

Interview réalisée en Août 2010 (ce qui explique la référence à Inception)

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