Les OS légers #3 – JoliCloud

Nous les geeks on aime les exclus, quand elles sont bien ficelées. Il y a quelques temps, j’ai reçu un mail de Jolicloud m’annonçant la V 1.0 de leur OS. 

Mais « en exclu » pour quelques privilégiés, il parait. Et ça tombe bien, je l’attendais cette release, elle vient étoffer la revue d’OS légers qui avait commencée avec Meego.

Jolicloud est un système d’exploitation basé sur la distribution Linux Ubuntu qui a été pensée par Tariq Krim. Tariq s’est déjà fait remarqué pour être à l’origine de Netvibes, c’est dire que le bonhomme n’en est pas à son coup d’essai.

Le test en vidéo

Installation

Les 2 ans de développements ont laissés le temps pour palier aux problèmes d’installation : le processus est très abouti. Tout d’abord l’installateur Windows qui est simplissime. Le plan B, qui consiste à télécharger l’iso et de passer par une clé USB pour l’installation est également très efficace.

La doc. est bien fournie, les forums riches en astuces si problème il y a. Je n’ai pas vu d’avertissement concernant le hardware, et n’ai pas eu de problème ce coté-là.

 

Une interaction avec les applications simple mais efficace

 

L’installation se déroule très simplement. En fait, c’est exactement le même processus que pour une installation d’Ubuntu (le soft est basé sur Ubuntu 8.04 par contre, qui remonte à plus de 2 ans…).

Première impression : mais c’est vide !

Tout comme Meego, l’interface a été débarrassée du bureau classique pour être remplacé par quelque chose de plus simple. La majeure partie de l’écran est vide, et cela peut troubler. En effet, l’écran d’accueil recense les programmes installés et il n’y en a aucun par défaut. De plus il n’y a pas de possibilité de changer le fond d’écran qui reste gris. Une barre des tâches doublée d’une barre de menu principal s’affichent en haut de l’écran. La première barre se compose d’un menu Gnome classique. On peut se demander ce qu’elle fait là puisque son intégration est de mauvais goût et elle ne fait que proposer des fonctions accessibles par ailleurs (liste les programmes installés, navigation dans l’arborescence de l’ordinateur, menu préférence et administration, logout et shutdown). Sur la même barre sont listés les programmes lancés, représentés par de petites icônes, et à droite se trouve le menu des tâches actives avec le réglage du son, du réseau, de l’heure. La seconde barre, nettement mieux intégrée et visiblement développée pour l’occasion, est la plus utile.

Un mot d’ordre : la simplicité

En effet on y trouve seulement 5 boutons et autant de menus essentiels.

  • Add : qui permet d’ajouter des programmes. Le choix parmi les 700 disponibles est très simplifié. En plus des classiques « applications recommandées » (featured apps) et d’un classement par catégories, il est possible de voir les applications installés par ses amis ou encore celles les plus installées. Ce menu ne fonctionne que lorsqu’une connection Internet est disponible.
  • Les applications installés. Une liste limpide permet un lancement instantané. Les options disponibles dans un menu se réduisent à l’essentiel : désinstallation, mise en favoris, détails.

    La barre de recherche et de lancement simplifie vraiment la vie
  • Le menu « activités » qui laisse penser une intégration plus poussée de données collectées sur le « cloud ». Pour l’instant cette page est vide.
  • Le troisième menu, dédié à la gestion des fichiers. Celui-ci permet la gestion du dossier /home regroupant les fichiers en local ainsi que médias amovibles : clés usb, appareils photos. Des services de synchronisation de fichiers sont présents, comme Dropbox, qui permet de sauvegarder gratuitement jusqu’à 2Go de données en ligne. Néanmoins ce ne sont pour l’instant que des liens vers les sites web de ces services qui sont présents, et non une réelle intégration au système (il faut repasser par le menu classique d’installation pour en profiter).
  • Le dernier menu est consacré à la configuration. Les paramètres locaux tels que la résolution d’écran, la langue du système … peuvent être gérées, mais également le compte Jolicloud : paramètres personnels, historique …
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Une barre de recherche (locale et web) est également présente et permet le lancement rapide des applications.

La simplicité de l’interface est clairement inspirée du Monde des smartphones. Ainsi, le clic droit est interdit et les icônes très grosses, ce qui permet une bonne interaction via des interfaces tactiles.Aucun menu ni autre bouton n’est visible sur l’interface qui gagne ainsi en visibilité.

Un bureau social

Une des promesses de Jolicloud est l’apporter un desktop social by default. Si on peut dire qu’on en est encore loin, tout est prêt pour voir ces fonctions implémentées. Ainsi, le processus de login via le compte Facebook laisse penser une intégration poussée de celui-ci dans le système. Les applications tout d’abord, dont les plus populaires sont mises en avant, et qui sont partagées avec ses contacts. Les sites Internet « sociaux » sont également disponibles parmis les logiciels, donc directement dans la barre de recherche. Le menu « activités » ensuite. Une timeline est visible et laisse supposer l’agrégation de plusieurs services, pour faire une sorte de friendfeed intégré au système. Le mystère reste complet pour savoir à quel point ces services seront intégrés. Une interaction sera-t-elle possible directement sur ce dashboard ou faudra-t-il passer par un navigateur ? Le compte Jolicloud, accessible via http://my.jolicloud.com, va-t-il apporter une valeur ajoutée supplémentaire à cette page ? Seules les versions à venir nous le diront.

Vendez-moi du rêve !

L’étape de la v1.0 a été décisive : l’installation est simple, le système est globalement stable et le gros de l’interface est en place. Comme tous les OS basés sur Linux, le système bénéficie d’une base et d’un écosystème déjà aboutis : très riches, stables et gratuits. Le gros effort porté sur l’interface, réalisée en HTML 5 via Nickel, le navigateur maison basé sur Google Chrome, se fait nettement ressentir : le tout est fluide et beau, tout simplement. Néanmoins Jolicloud laisse un goût de work in progress notamment à cause :

  • de l’intégration bâclée des services sociaux et des pages vides dans l’interface, qui devrait néanmoins être améliorées dans les prochaines releases
  • du bandeau supérieur, qui fait décidément tâche dans l’interface. Contrairement à Meego ou Chrome OS, le parti pris de Jolicloud est de garder des éléments de l’interface graphique Gnome. Gageons que la sortie de Gnome 3.0 (malheureusement repoussée à mars 2011) finalisera cette interface, à moins que l’équipe de Jolicloud ne décide de la terminer elle-même …
  • De quelques détails qui auraient pu me faciliter encore l’existence, comme par exemple fusionner le login au démarrage de l’ordinateur avec le compte Jolicloud. Quitte à être social, autant pousser le raisonnement jusqu’au bout.

Finalement, j’attends de Jolicloud de me vendre du rêve ! Si la mission de faire oublier l’OS pour laisser la place au web est en passe d’être réussie, il manque encore une intégration intelligente avec celui-ci pour que Jolicloud devienne agréable à utiliser au jour le jour.

ô

6 réflexions sur « Les OS légers #3 – JoliCloud »

  1. Ping : Anonyme
  2. Une petite question Florian, As tu utilisé Jolicloud ou Meego comme OS principal ou bien es tu sur autre chose?
    Ce qui m’empêche de passer complétement sur Meego c’est le manque d’applis dans la logithèque. En ce qui concerne Jolicloud, c’est le fait qu’il est basé sur ubuntu 8.04, c’est vieux…
    Tes articles sont intéressants mais il manque la réponse à la question « Cet OS, il est pour quelle utilisation? »
    Ton avis là dessus m’intéresse.
    ++

    1. Non je n’ai jamais utilisé ces OS en tant qu’OS principal. J’utilise Ubuntu sur machine personnelle qui est aussi celle que j’utilise au bureau. J’ai une utilisation avancée : je fais notamment du dev, du graphisme. Donc je pense que je n’ai pas besoin d’un OS léger qui m’encombrerait plus l’interface qu’autre chose.
      Les OS légers apportent avant tout une facilité d’utilisation dont je n’ai pas besoin personnellement.

      Concernant la quantité des logiciels, tu peux dans Meego rajouter des dépôts supplémentaires donc tu as potentiellement accès à tous les logiciels linux.

      Concernant l’utilisation, on voit que les dév, en plus de la version netbook « de base » s’intéressent à adapter ces OS pour téléphones, voitures, télévisions … donc les usages seront très variés.

      Mais je pense que ta question concerne seulement la version desktop.
      Il me semble que les OS légers peuvent devenir la machine principale de la plupart des utilisateurs.
      -usage basique
      -interface hyper dépouillée et intuitive
      -simplification maximum (pas de mot de passe pour les mises à jour par exemple)

      Je réponds à ta question ?

  3. Installation sans problème mais le clavier respecte la forme US (QWERTY)et pas la version française (AZERTY).
    Comment peut on modifier ?
    Merci d’avance

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