Les OS légers #2 Meego

Comme j’en parle dans mon introduction, c’est parti pour une petite revue des différents OS légers, en commençant par Meego.

Meego, c’est le système basé sur Linux développé par Nokia et Intel et soutenu par la Linux Foundation. Plus précisément, c’est la fusion des deux projets Maemo (dont on a déjà entendu parlé sur les mobiles Nokia, dont le fameux N900) et Moblin, la distribution Linux officielle d’Intel. Autant dire que, porté par le plus grand fondeur et par le premier constructeur de téléphones au Monde, beaucoup d’espoirs reposent sur les épaules de Meego.

Sorti dans sa première version finale (1.0) il y a moins de deux semaines, le système d’exploitation se décline en 2 versions : la première incluant le navigateur de Google : Chrome, et la deuxième intégrant sa variante libre Chromium.

Le test en vidéo

Une vidéo vaut mieux qu’un long discours …

… mais comme je suis sympa je vous met aussi le discours pour les détails 🙂

(Désolé pour le screener mais il n’a pas été possible d’installer de logiciel de screencast ni de virtualiser, comme expliqué par la suite)

Installation

J’ai téléchargé l’iso via ce lien (enfin ce n’en est pas une mais il suffit de la renommer en .iso pour qu’elle le devienne :)). Après une tentative avortée d’installation via VirtualBox (pour la virtualisation consultez ce tutoriel disponible sur le wiki officiel) , je me rabat sur le double-boot. Rien qu’à cette étape, les galères peuvent désespérer le plus coriace des débutants. Intel a bien pris soin de ne pas supporter les cartes graphiques Nvidia ou ATI : j’ai de la chance mon GPU est intégré.

 

Début d’install

 

L’installation de 10 minutes est certes assez rapide, mais des bugs graphiques me font rebooter plusieurs fois. Le processus manque de finition, on est loin d’une install d’Ubuntu ou de Windows 7. Par exemple, bien que les écrans soient tous traduits en Français, la moindre erreur s’affiche en anglais .

 

Meego rocks !

 

L’univers graphique est plaisant, le clin d’œil geek « Meego rocks » sympathique.

 

Définition du nom d’utilisateur

 

 

Partitionnement

 

L’installation est relativement classique.

 

Copie de l’image …

 

 

Installation de grub, le bootloader

 

 

Moins de 10 minutes d’installation, c’est top !

 

Première impression : chapeau bas

Le démarrage est ultra-rapide, moins de 15 secondes (CPU Intel U7300 1,30Ghz). C’est vraiment ce que l’on attends sur ce genre de système.

À l’ouverture, ce qui tient lieu de bureau s’affiche. Dans « myzone » on trouve deux zones :

  • sur la gauche : le calendrier, une « to-do list » et un indicateur de nouveaux e-mails
  • sur la droite : la plus grande partie présente les derniers documents ouverts mélangés aux dernières mises à jours de réseaux sociaux

Le tout est très pratique et rapide d’accès. Il n’y a pas d’arborescence, de panneau de configuration infiniment profond, de profusion d’icônes … C’est simple.

Pour décrire le menu du haut, je dirais tout simplement qu’il est BEAU. Oui ça fait du bien de voir des belles icônes avec des petites animations smooths. Par ailleurs le clic droit est désactivé sur le menu, ce qui empêche les fausses manipulations.

Enfin, pour quelqu’un qui comme moi vient du monde Linux, on trouve très rapidement ses repères : les raccourcis claviers sont les mêmes (CTRL+L pour verrouiller le système …), les logiciels sont les plus répandus pour les utilisateurs de gnome.

Une distribution Linux en quête de maturité

Une release 1.0 est toujours un événement à scruter de près. Avec la question, toujours la même : la release n’a-t-elle pas été précipitée ? Sortir une version majeure trop en avance, c’est en effet courir le risque d’un Vistaster.
Je vous rassure : ce n’est pas le cas ici, merci la maturité de Linux.

Par contre j’ai vraiment des bugs gênants, le genre de bugs pénibles qui m’empêchent (pour l’instant) d’utiliser le système au jour le jour :

  • Le passage du flash en plein écran qui s’affiche derrière le navigateur et non pas dessus
  • Alt+Tab qui affiche un écran en ligne de commande au lieu changer le focus pour un autre logiciel
  • Le changement de fenêtre à moitié effectué : le focus est bien sur la fenêtre mais pas dans le champs de saisie : rien de plus insupportable de devoir cliquer une nouvelle fois quand une discussion instantanée apparait à l’écran
  • L’affichage n’est pas lissé, ce qui est très pénible quand on y est habitué.

    Sans lissage sous-pixel, le texte est bien vilain !
  • Des bugs graphiques par-ci par-là. Par exemple, un clic droit sur un mot à corriger dans Chrome ne m’affiche que la moitié du menu, le reste ayant disparu sous le menu principal du haut de l’écran …

Au final je m’attendais vraiment à une intégration plus poussée : je retrouve des bugs très gênants corrigés depuis plusieurs années sous les autres distributions Linux.

Et puis au delà des bugs, je ressens vraiment un manque concernant certains points (mais ceci est très personnel bien évidemment) :

  • Mon premier réflexe au lancement d’un PC est de lancer Firefox. Ici Chrome est privilégié (les goûts et les couleurs …). Je vais donc dans le gestionnaire d’application et là, surprise : impossible de trouver Firefox dans les programmes installables ! Un navigateur est donc imposé à ceux qui n’ont pas de connaissances techniques pour aller plus loin et c’est bien dommage. En cherchant un peu une simple ligne de commande suffit à l’installer
sudo yum install firefox.i586
  • Dans le menu du haut, j’exige une icône de réglage du volume ! Rien de plus insupportable que de devoir aller dans le panneau de configuration pour effectuer une tâche si simple
  • En parlant du menu, pourquoi ai-je accès au Bluetooth alors que mon ordinateur en est dépourvu ?
  • Dans le menu « applications », celles-ci sont en désordre complet. Impossible de s’y retrouver, on se croirait dans le panneau de configuration de Windows XP 🙁 (mais j’ai vu des démos où ce menu était trié. C’est que chez moi ou quoi ?!)
  • La traduction reste approximative. Autant les logiciels importants sont-ils très bien traduits car antérieurs à Meego, autant les fonctionnalités exclusives à cette distribution sont-elles pour la plupart en anglais

    Une traduction pour l'instant approximative

Un fort potentiel

Malgré ses défauts de jeunesse, Meego a un potentiel certain. Cela est bien sûr dû au fait qu’il est poussé par les deux poids lourds que sont Intel et Nokia. Intel tout d’abord, du fait de son monopole ses parts de marché confortables sur le marché des processeurs, peut faire pression sur les constructeurs de devices. Nokia ensuite, qui n’est pas mort avec la N-gage, non non ! et qui reste -pour l’instant- le plus grand fabricant de téléphones portables du Monde (36% de parts de marché Mondiales, excusez un peu).

Ces rouleaux compresseurs se sont assurés le soutient de la Linux Foundation. L’engagement des firmes dans le libre n’est pas nouveau (Intel est le second contributeur du kernel Linux, Nokia détient Qt) et cet accord sonne comme une garantie de garder le projet véritablement ouvert auprès de la communauté.

Ensuite, les développements se sont concentrés sur le look & feel. L’accès aux fonctions de bases, celles qui sont utilisées par le plus grand nombre de personnes est très simplifié. L’intégration aux réseaux sociaux est poussée jusqu’au point d’occuper la majeure partie du « bureau » et on imagine bien une intégration plus poussée encore pour le futur.

Enfin, en tant que distribution Linux, Meego bénéficie d’un écosystème déjà abouti : très riche, stable et gratuit. Les avancées de cet écosystème ne manqueront pas d’être intégrées. Néanmoins, les applications natives conçues pour la mobilité ou pour le tactile manquent cruellement pour l’instant. On imagine aisément Nokia pousser son store d’applications : OVI, mais également ses services associés.

On l’a vu, Meego manque encore de maturité, mais une fois celle-ci atteinte, il a de vrais atouts pour s’imposer en alternative crédible face à ses concurrents.

Rendez-vous dans un prochain article pour tester un autre OS léger, mais tout d’abord je suis impatient de savoir ce que vous pensez de Meego !

7 réflexions sur « Les OS légers #2 Meego »

  1. J’hésite encore à franchir le pas car nous utilisons l’ordinateur à 2 et je n’ai pas vu le moyen de changer facilement de profil utilisateur: cela me semble indispensable pour une interface aussi « usercentric »…
    Est-ce que je peux avoir un retour la dessus? y a-t-il une option qui m’a échappé?

    merci

  2. Encore un shell gnome… entre sugar, meego, unity, gnome-shell et le shell classique gnome se place en technologie de base de nombreux environnements.

    Dommage la légère ambiguité linux/gnome dans le screencast.

    Bon article.

    Mon avis sur MeeGo est assez partagé, Je ne sais pas s’il est configurable mais tel qu’il est là il ne m’attire pas particulièrement… on sent un coeur de cible bien établi… Après pour ce qui est accessibilité et autre, je ne sais pas vraiment ce que ça vaut… Enfin, on reconnais Moblin plus que maemo dans cette interface.

    Je suis curieux de voir comment ce genre de système peut émerger, si ce shell gnome sera utilisé sur ubuntu ou OpenSuse (voir smeegol). Quand on sait que la cible d’intel c’est entre autre l’automobile, on se dit que le système est loin d’être fini…

    C’est pas trop ambigu le switch entre le mode fenetres et le mode shell?

    1. Salut,
      à priori la configuration avancée n’est pas la priorité, vu le désir de simplification qui frise les « nazis de l’interface » et fait passer Gnome pour un bureau hautement customisable 😉

      à mon avis chaque distri légère va vouloir sa propre UI, ce qui se tient : le cœur de cible sont les noobs. Or pour un noob, l’interface EST le système.

      Au niveau de l’embarqué véhicule, Intel semble vouloir mettre le paquet avec la sortie de Meego 1.1 aujourd’hui même (http://meego.com/community/blogs/valhalla/2010/meego-1.1-release)

  3. Sympa,

    Perso ce qui m’interesse vraiment ca sera sa version mobile et ce que ca donnera a ce moment la.
    Donc si tu as des infos je suis preneur 😉

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